Rentrée Littéraire

 

Avec plus de 600 livres publiés, la rentrée littéraire 2014 donne de l’ouvrage (sans jeu de mot ravageur) aux lecteurs passionnés que nous sommes.

C’est avec joie que nous vous présentons  les premiers livres épinglés, en attendant d’achever les lectures en cours, un tantinet négligées ces derniers temps en raison d’une autre rentrée, tout aussi importante aux yeux du Petit Bouquineur : celle des écoliers !

Oona et Salinger (Frédéric BEIGBEIDER)

beigbederIl semblerait que  l’auteur du célèbre « Attrape-cœur » ait vécu une romance avec Oona O’Neil, la fille du non moins célèbre dramaturge américain Eugène O’Neil, la même qui deviendra Mme Chaplin quelque temps plus tard…

Désireux de nous offrir ce qu’il appelle une « faction » (fusion de » fiction » et « fact »), genre dans lequel s’est d’ailleurs remarquablement illustré l’un des autres « personnages réels » de son livre, Truman Capote, Beigbeider se plaît à imaginer ce qu’a bien pu être la brève histoire d’amour de ces êtres hors du commun.

On est emportés dans cette ambiance du New-York huppé d’avant-guerre, recréée avec brio par un auteur bien documenté…

Les considérations sur la jeunesse (ou plutôt le jeunisme) et sur l’amour (bien entendu jamais totalement dépourvues de dérision, c’est du Beigbeder !) autant que les  infos inédites sur le Débarquement (Salinger s’est porté volontaire en 44) étayées de détails affreusement réalistes valent aussi le détour.

Un bon Beigbeider, qui pourrait même être secrètement apprécié par ceux qu’insupporte le personnage (de Beigbeider!)

L’homme de la montagne (Joyce MAYNARD)

Comment ne pas aimer ce roman?

HomontagneIl y est pourtant question d’un serial killer, sévissant dans une montagne qui est le terrain de jeu de prédilection de deux sœurs qui s’adorent….

Mais c’est bien plus qu’un simple thriller…

Portrait d’une famille américaine des années 70 très subtil du point de vue psychologique en même temps qu’intrigue captivante, le dernier livre de Joyce Maynard (qui fut une autre des petites amies de Salinger, quelle coïncidence!) parle de l’amour familial avec autant de pudeur que d’émotion, et fait partie de ces livres qu’on dévore et qu’on regrette ensuite d’avoir terminés !

 les nouveaux monstres (Simonetta GREGGIO)

Simonetta Greggio Elle n’est pas belle l’Italie que Greggio nous donne à voir : les trente-cinq dernières année d’un pays gangréné par la corruption et la mafia, qui n’épargnent pas l’Eglise non plus.

Retrouvant la moitié du temps sa plume de journaliste à travers le personnage d’Aria Valfonda, l’auteur revient avec force détails sur les nombreux crimes mafieux et attentats de cette longue période, dont les commanditaires (pour la plupart de hauts responsables politiques) ont presque toujours été blanchis, ainsi que sur la carrière de celui qui semble l’incarnation de toutes les malversations, l’inoxydable « Cavaliere ».

Restent, pour se consoler, la beauté, les parfums et les saveurs des lieux tant aimés, qui sont ceux du monde privilégié des personnages, issus de l’aristocratie…

Intéressant pour qui veut se souvenir des événements sanglants qui ont fait la une de la presse italienne et internationale : l’assassinat d’ Aldo Moro, des juges anti-mafia, Falcone et Borsellino, plus près de nous le tremblement de terre d’Aquila et les immondes profits qu’il a générés….etc. etc.

 Comment s’en mettre plein les poches en Asie mutante (Mohsin HAMID)

MohsinAttention à toi, lecteur !

 L’humour dévastateur de Mohsin Hamid ne va pas t’épargner, car comme tout humour digne de ce nom, il aborde des réalités loin d’être agréables : celles d’un pays émergent avec son cortège de calamités sociales (pauvreté et inégalités sociales grandissantes, corruption, poids des traditions…) encore aggravées par la mondialisation…

Bien plus captivant qu’un essai sur le sujet, et d’une sensibilité rendue plus subtile encore par le second degré et le côté quelquefois un peu « cru » du langage…

Une vraie toquade pour un auteur pas si toqué qu’il en a l’air !

Très très bon livre !

 De toutes nos richesses (Stefano BENNI)

BENNI
Quel ravissement que ce nouveau Benni, dont l’extravagance rebelle semble avec les années gagner en raffinement poétique!

Et de poésie il est bien question dans ce roman, mais pas seulement. L’histoire, pourtant simple n’en est pas moins riche en rebondissements et en personnages attachants : le principal étant un professeur retraité et retiré dans un bourg montagneux qui redécouvre l’émoi amoureux…

Naviguant entre rêve et réalité, légende et satire contemporaine, le Benni de la maturité nous offre de très douces heures de lecture.

 

 

 

 

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